le son des villes au XXIè s

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Naples vers 2000
Ce qui surprend d'emblée le voyageur, c'est aussi la rumeur permanente de la ville, avec des véhicules de toutes sortes qui traversent la ville de part en part, en klaxonnant sans cesse. Voitures, motos, mobylettes circulent dans des conditions ahurissantes pour l'étranger non habitué aux plus grandes métropoles méditerranéennes li : pour la circulation, Naples ressemble au Caire. De plus, à l'approche du port de Mergellina (point de départ du trafic de la baie) s'ajoute à ce tintamarre le vacarme des sirènes des multiples bateaux, hydroglisseurs, ferries et autres embarcations qui sillonnent le port en tous sens, à en donner le vertige.
(Claude Dourguin, "Escales", Éditions Champ Vallon, Paris, 2002.)

Paris – 2002
Quel contraste entre le vacarme de l'avenue d'Italie et, à peine contournée la manufacture des Gobelins, le square ombreux au fond duquel coule la Bièvre et où commence le quartier de la Glacière.
(Eric Hazan, "L'invention de Paris" Seuil, coll. Points n°P 1267, Paris, 2002, p. 15.)

Naples – 2003
Le "son" de Naples, c'est aussi la rumeur de la foule, avec cet accent napolitain irrésistible, chantant, un peu traînant, légèrement chuintant. Ce sont les interpellations, sur les marchés, dans les rues, où le passant se fait héler à tout propos, les bribes de chansons qui fusent un peu partout. Un savant crescendo sonore qui culmine régulièrement avec l'explosion des fêtes, toutes les fêtes, religieuses ou franchement païennes, ponctuées par l'explosion de "fuocchi", ces feux d'artifice que la population elle même tire à toute occasion : les fêtes religieuses de septembre la Madone de Piedigrota ou le renouvellement du "miracle de saint Janvier", mais aussi les grandes victoires du "calcio" le football jusqu'aux fêtes de "capo d'anno", à la Saint Sylvestre. Alors, toute la ville salue le nouvel an dans l'explosion de milliers de pétards et bombes joyeuses, tout en fracassant du haut des fenêtres la vieille vaisselle dont on se débarrasse pour faire place à l'année nouvelle.
(Pascale Lismonde, "Le goût de Naples", Mercure de France, Paris, 2003, p. 43.)

Amsterdam – vers 2005
Lors de mon premier voyage à Amsterdam, j’ai très vite remarqué quelque chose d’étrange dans cette ville. Comme si elle était incomplète…, il manquait le bruit ! En général, on peut dire que la ville d’Amsterdam est une ville très silencieuse, très calme, idyllique, une vraie oasis de silence. Pourtant ces cyclistes et piétons, les automobilistes qui causent beaucoup de bruit, sont très rares. Après un jour je compris qu’il ne manque rien dans cette ville, elle est parfaite, mais ce sont certaines autres villes qui ont abandonné le calme qui rend la vie agréable à leurs habitants.
(Michele Lorito, étudiant, communication personnelle, mai 2010)

Venise – décembre 2006
Venise l’endormie n’est pas encore morte, en elle sommeille la vie et la fête, la joie de chacun de se retrouver, de boire et de parler.
Chaque place est un ventre, un vide que les habitants remplissent de paroles.
Les enfants y sont rois et les canettes remplacent leurs ballons, troublant le sommeil de celui qui se repose à l’ombre des rares arbres.
L’ambiance semblerait pouvoir continuer ainsi indéfiniment, mais quand vient l’obscurité, les rumeurs se transforment, s’atténuent et subitement s’évanouissent, comme si rien de tout cela n’avait jamais existé.
Vient alors le temps de rentrer.
Les ruelles sont désertes. Silence. Seul résonne le bruit de mes pas sur les façades de la belle endormie. Le silence est pesant et remplit l’espace qui m’entoure, créant en moi une sensation de sécurité et d’angoisse mélangée.
Des ruelles vides, encore et toujours. Ci et là un campo où les bars sont encore ouverts, où la clameur t’explose à la figure ; puis le silence et le résonnement de mes pas, à nouveau.
Arrivée au bord du canal, attente du bateau…
Les bruits de mes talons se sont arrêtés, seuls m’accompagnent dans mon attente les pas de l’eau qui danse. Je me retrouve dans une prison de brouillard, impossible de voir à l’horizon.
Ci et là les yeux lumineux d’un taxi s’approchent, la mer accélère le rythme de sa valse, la fermata vacille, me berce. Les chaînes qui la rattachent à la terre grincent et claquent, s’énervent et puis s’apaisent. L’eau reprend sa danse calme jusqu’à l’arrivée du bateau, surgissant du brouillard comme un monstre rugissant sorti de l’enfer.
Le tintement des cloches des églises est le seul indicateur de temps, ici où tout semble avoir été mis en pause.
(Laurence Delatte, lettre, jeudi 14 décembre 2006.)

Sienne – 2008
Un bruit que je connais bien et qui m‘exalte, c’est le tapage du Palio de Sienne, car au moment où les places sont sélectionnées pour les chevaux – contrade pour la course, entre la sortie d’un numéro et un autre, on passe d’un silence extrême à un bruit profond de place et à nouveau un silence total pour entendre le tirage qui annonce la place de la prochaine contrade. Le placement des chevaux est assez important pour un bon départ dans la course. C’est un bruit qui exalte énormément, la place qui vit, la ville qui est en attente de la course.
(Andrea Massa Bernucci, étudiant italien, communication personnelle, janvier 2010)

Trams bruxellois, 2015
Des klaxons de plus en plus sonores. A chaque modèle nouveau, le son est plus fort. Il y a d'abord eu le "dring" mécanique, ensuite le "dring" continu. Dans les cas d'urgence, les nouveaux trams disposent d'une "corne de brume" et d'un système MP3 avec deux hauts parleurs.
(La Libre Belgique, 23 janvier 2015, p. 5)

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