le son des villes au XVIIè s

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Toulon – 1630
La ville est aussi fort peuplée et sa population a augmenté, depuis que les galères séjournent au port. […] les forçats qui vont et viennent dans la ville, de sorte qu'on y entend, depuis la matin jusqu'au soir, autre chose que "stridor ferri tractœque catenœ" [phrase latine évoquant le bruit que font les chaînes traînées], dont sont accouplés les forçats deux à deux.
(Jean-Jacques Bouchard, "Voyage de Paris à Rome" 1630, in "Œuvres", édition établie par Emmanuelle Kanceff, Turin, Giappichelli, 1976-1977, T. I. , in: Jean M. Goulemot, Paul Lidsky et Didier Masseau, "Le voyage en France – anthologie des voyageurs européens en France, du Moyen Age à la fin de l'Empire", Robert Laffont, coll. Bouquins, Paris, 1995, p. 336.)

Paris – 1644
Devant le cabinet [situé dans une des salles du château de Nevers], il y a une longue galerie où sont peints et décrits les Cris de Paris, ou tout ce qui à Paris se vend à cris, savoir:
Vieux chapeaux; le chatreux; oublie, oublie; pasté chault; couronne royale; qui veut de l'eau; des goupillons; cotrects sects; bon fusis; du laict; bon vinaigre; fromage de Brie, choux vers; escargos; cornouilles; artichault; poix vers; chicorée blanche; naves, naves; à la fine èguille; allumettes au fusil, bonne croye; charbon de rabeix; noire à noircir, de la pierre noire; cuilier de faict; sablon dEstampes; doulce rave; doulce mure; poires à deux testes; fromage de cresme blanc; melons; chodronier; rammoneur cheminée; balais, balais; bourrées de genèvre; jarretières; éguillettes; choux blancs; la mort aux rats; prunes; dattes; ciseaux et cousteaux; du pain chaland; concombres; beurre de Vanve; bonnes lardoyres; foüare, foüare; sacs assassas; vin blanc; vin clairet; gaigne petit; à curer les puis; almanach nouveau; crieur des corps; à l'escaille vive; argent des bouteilles; febves cuittes; moustarde; haren blanc; bon ancre de Saussois; des oranges; les eschervis; vieu drapau; à cheval sur l'ours; ognions, ognions; à tirer les dents; à mes beaux bourreaux; lavande; pesche de Corbes; amandres, amandres; gres à escurer; passements d'or; huîtres en escaille.
Les raccommodeurs de casseroles qui crient, à Lyon: chaudronnier, jouent à Paris sur une flûte de berger.
(Elie Brackenhoffer, "Voyage en France" (1644), Berger-Levrault, Paris-Strasbourg, 1925, in: Jean M. Goulemot, Paul Lidsky et Didier Masseau, "Le voyage en France – anthologie des voyageurs européens en France, du Moyen Age à la fin de l'Empire", Robert Laffont, coll. Bouquins, Paris, 1995, pp. 284-285.)

Beauvais – XVIIè siècle
Pierre Goubert a dénombré, en se tenant aux limites strictes de la ville, 135 grosses cloches, quelques dizaines de petites, 13 églises et 6 couvents et a parlé de "ville sonante".
(Jean-Pierre Gutton, "Bruits et sons dans notre histoire", P.U.F., Paris, 2000, p. 28, se référant à l'ouvrage de Pierre Goubert, "Beauvais et le Beauvaisis au XVIIè siècle", Paris, 1960, p. 233.)

Bordeaux - 1669
La plus grosse cloche de la ville, qui ne l'est pas beaucoup, est sur le portail de l'Hôtel de Ville. Elle est des meilleures que j'aie jamais entendues ; on dit qu'elle est moitié d'argent. Elle ne sert pas seulement d'horloge, mais on la sonne quand on se doit assembler à l'Hôtel de Ville et sur le point qu'on doit conclure quelque chose d'important. On la sonne aussi tous les soirs sur les sept heures.
(Claude Perrault, "Mémoires de ma vie", 1669, in: Louis Desgraves, "Voyageurs à Bordeaux du dix-septième siècle à 1914", Mollat éditeurs, 1991, p. 29.)

Paris – 1682-1689
Quand aux carrosses de louage, il y en a ici un nombre infini, qui sont délabrés et couverts de boue, et qui ne sont faits que pour tuer les vivants. […] Les cochers sont si brutaux, ils ont la voix si enrouée et si efroïable, et le claquement continuel de leurs fouets augmente le bruit de manière si horrible, qu’il semble que toutes les Furies soient en mouvement pour faire de Paris un enfer.
[…] De plus, le grand nombre de grosses cloches suspendues au haut d’une infinité de tours, ôtent la trafquilité à la première région de l’air avec leurs retentissements lamentables, pour apeller les vivans aux prières, et pour donner le repos aux morts ; ainsi les oreilles payent chèrement les plaisirs innocens, que tous les autres membres du corps peuvent prendre.
[…] Ajoutez les hurlemens et les cris de tous ceux qui vont dans les rues pour vendre des herbes, du laitage, des fruits, des haillons, du sable, des ballais, du poisson, de l’eau et mille autres choses nécessaires à la vie ; et je ne crois pas qu’il y ait aucun sourd-né, si ennemi de lui-même, qui voulût à ce prix recevoir l’ouïe, pour entendre un tintamarre si diabolique.
(J.P. Manara, ″Lettre d’un Sicilien à un de ses amis″, A. Quantin, imprimeur-éditeur, Paris, 1883, pp. 11-13; consultable en ligne : http://www.archive.org/details/lettredunsicili00maragoog)

Saint-Malo – fin XVIIè siècle
Pour surveiller les navires, les Malouins utilisent de terribles dogues anglais ; ces chiens, attachés à l’entrée du Sillon quand la mer est haute, et près du pont de la Balise, à marée basse, sont lâchés à l’heure du couvre-feu… Le chiennetier ne les rappelle qu’au matin, au moyen de sa trompette en cuivre, pour les enfermer dans leur cabane sous le bastion de Hollande.
(Armel de Wismes, ″La vie quotidienne dans les ports bretons aux XVIIè – XVIIIè siècles″, Hachette, Paris, 1973, p. 95)

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