{"id":149,"date":"2026-07-20T14:08:57","date_gmt":"2026-07-20T12:08:57","guid":{"rendered":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/?p=149"},"modified":"2026-07-20T14:12:06","modified_gmt":"2026-07-20T12:12:06","slug":"citations-14","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/2026\/07\/20\/citations-14\/","title":{"rendered":"Citations"},"content":{"rendered":"<p><strong><span style=\"color: #ff0000;\">SONS<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong>Venise<\/strong>, 1876<\/p>\n<p>Rien n&rsquo;est plus int\u00e9ressant que de voir les gondoliers dans des canaux \u00e9troits et tortueux se croiser, se d\u00e9passer et s&rsquo;\u00e9viter avec une adresse incroyable. A chaque tournant, ne pouvant s&rsquo;apercevoir ni s&rsquo;entendre, car la gondole dans sa marche ne fait aucun bruit, ils s&rsquo;avertissent par un cri bizarre et monotone de la la direction qu&rsquo;ils doivent prendre ou des \u00e9volutions qu&rsquo;il leur faut faire. Sia premi (nous suivons ici la prononciation) veut dire \u00ab\u00a0prenez \u00e0 droite\u00a0\u00bb, sia stali, \u00ab\u00a0prenez \u00e0 gauche\u00a0\u00bb; sia di lungo, \u00ab\u00a0allez tout droit\u00a0\u00bb. A tout instant, l&rsquo;un de ces cris stridents vient fendre l&rsquo;air et troubler pour quelques secondes le silence l\u00e9thargique dans lequel repose la somnolente cit\u00e9. <span style=\"color: #999999;\">(Henry Havard, \u00ab\u00a0Amsterdam et Venise\u00a0\u00bb, E. Plon et Cie, Paris, 1876, pp. 304-305)<\/span>.<\/p>\n<p><strong>Thessalonique<\/strong>, 1915<\/p>\n<p>Celui qui a visit\u00e9 l&rsquo;Orient, o\u00f9 out le monde vit dans la rue, conna\u00eet cette musique : ce bourdonnement de la foule comme dans un grand foyer de th\u00e9\u00e2tre, ou dans une salle d&rsquo;attente de gare. imaginez alors le \u00ab\u00a0brouhaha de Thessalonique\u00a0\u00bb amplifi\u00e9 par le vrombissement et le tumulte de certaines de gros camions passant sur les \u00e9normes pav\u00e9s des rues ; par le claquement des sabots ferr\u00e9s de la cavalerie, des bottes avec des semelles en fer des hommes qui marchent bien align\u00e9, en compagnies, en r\u00e9giments, en d\u00e9tachements ; par les cris des villageois qui conduisent leurs troupeaux de moutons, de ch\u00e8vres, de dindons ou de boeufs ; les cris des cireurs de chaussures, des marins, des vendeurs de sucreries ; des jeunes vendeurs de journaux hurlant les noms des journaux grecs ; par les klaxons des trams au son m\u00e9tallique, les klaxons des voitures, les sir\u00e8nes des bateaux \u00e0 vapeur et \u00e0 moteur, le claquement des cordages et des cha\u00eenes des grues, et par les voix des 300 000 personnes parlant des langues diff\u00e9rentes.\u00a0\u00bb <span style=\"color: #999999;\">(Richard Harding Davis, correspondant de guerre am\u00e9ricain, cit\u00e9 in: Sakis Serefas &amp; Haris Yiakoumis, \u00ab\u00a0Thessalonique \u00e0 la premi\u00e8re personne\u00a0\u00bb, Carnets de voyage r\u00eav\u00e9, Editions Kallimages, Malemort, 2005, pp.112-113)<\/span>.<\/p>\n<p><strong>S\u00e9ville<\/strong>, 1894<\/p>\n<p>A l&rsquo;heure de midi, apr\u00e8s avoir franchi des rues et des cours que d\u00e9vorait le soleil, dans un \u00e9norme b\u00e2timent mi-soldatesque, mi-religieux, j&rsquo;ai visit\u00e9, le long de salles immenses, cinq mille femmes environ, les fameuses cigarreras s\u00e9villanes qui, avec un vacarme inou\u00efs de chants et de bavardages, roulent en cigares et cigarettes les feuilles de tabac. <span style=\"color: #999999;\">(Maurice Barr\u00e8s, \u00ab\u00a0Du sang, de la volupt\u00e9 et de la mort\u00a0\u00bb, in: \u2022 Je vous \u00e9cris d\u2019Andalousie\u00a0\u00bb, ed. Nicolas Chaudun, Paris, 2014, p. 26-27)<\/span>.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>LUMIERES DU SUD<\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>Lugano<\/strong>, 1984<\/p>\n<p>J&rsquo;ai laiss\u00e9 les Alpes dans la nuit. J&rsquo;ai descendu les degr\u00e9s d&rsquo;une nature grise et noire. J&rsquo;ai quitt\u00e9 un espace morne, h\u00e9riss\u00e9 de for\u00eats malheureuses, pour une autre contr\u00e9e, qui s&rsquo;abaisse aimablement, qui s&rsquo;offre et qui s&rsquo;\u00e9tale. Et le ciel n&rsquo;est plus le m\u00eame. Le gai matin a le r\u00e9veil du cocq. La lumi\u00e8re ne se l\u00e8ve pas : elle sort, comme si elle s&rsquo;\u00e9tait cach\u00e9e ; elle arrive d&rsquo;un bond, rayonnante et chaude. L&rsquo;air vif appelle la matin\u00e9e bleue et blonde.<\/p>\n<p>[&#8230;] La lumi\u00e8re, surtout, la lumi\u00e8re est un nouvel espace, o\u00f9 l&rsquo;on baigne. Les corps en sont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s. Elle caresse les surfaces comme une peau, elle les impr\u00e8gne. J&rsquo;y nage, et les yeux ravis n&rsquo;ont pas besoin de se fermer dans ce fluide. En v\u00e9rit\u00e9, je d\u00e9couvre Lugano et le lac, la lumi\u00e8re a dj\u00e0 trop d&rsquo;\u00e9clat. Voici l&rsquo;Italie. <span style=\"color: #999999;\">(Andr\u00e9 Suares, \u00ab\u00a0Le voyage du Condotti\u00e8re\u00a0\u00bb, Livre de Poche, biblio, n\u00b0 3259, Granit, Paris, 1984, p. 325)<\/span>.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #ff0000;\">ODEURS<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong>Nantes<\/strong><\/p>\n<p>Les odeurs ne sont plus les m\u00eames. Lorsque Nantes s&rsquo;ouvrait sur la mer, lorsqu&rsquo;elle recevait dans son port tous les parfums des \u00eeles tropicales, une langueur \u00e2pre, sensuelle, r\u00f4dait dans ses rues, qui se remplissaient aussi de tous les ar\u00f4mes de ses biscuiteries et de ses berlingots.<\/p>\n<p>Restent encore quelques relents de cannelle et de caf\u00e9 fra\u00eechement torr\u00e9fi\u00e9. <span style=\"color: #999999;\">(Michel Ragon, \u00ab\u00a0Adolescence nantaise\u00a0\u00bb, in: \u00ab\u00a0Enfances vend\u00e9ennes\u00a0\u00bb, Albin Michel, Paris 1990, pp. 497-498)<\/span>.<\/p>\n<p><strong>Venise<\/strong><\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est point l&rsquo;odeur \u00e2pre de l&rsquo;Oc\u00e9an qui a la saveur de fonds, de vase, de naufrages inextricablement m\u00eal\u00e9s, odeur mena\u00e7ante d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment hostile \u00e0 l&rsquo;homme, mais une odeur particuli\u00e8re &#8211; quand les jours sont clairs, cela va sans dire &#8211; raffin\u00e9e, l\u00e9g\u00e8re et f\u00e9minine [&#8230;] Qui a l&rsquo;odorat faible ne pourra jamais savoir ce qu&rsquo;est vraiment Venise. Dans ses canaux circule comme un alambic ce jasmin de mer qui est son odeur : effluve de la mer pris au pi\u00e8ge, comme l&rsquo;odeur de la campagne \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une \u00e9glise rurale, comme l&rsquo;odeur de l&rsquo;encens dans une sacristie. <span style=\"color: #999999;\">(Mario Praz, \u00ab\u00a0L&rsquo;odeur de Venise\u00a0\u00bb, in: \u00ab\u00a0Souvenirs de Venise &#8211; Promenades et conseils\u00a0\u00bb, Ed. Mille Et Une Nuits, Fayard, Paris, 1998, p. 12)<\/span>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SONS Venise, 1876 Rien n&rsquo;est plus int\u00e9ressant que de voir les gondoliers dans des canaux \u00e9troits et tortueux se croiser, se d\u00e9passer et s&rsquo;\u00e9viter avec&#8230;<\/p>\n<div class=\"more-link-wrapper\"><a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/2026\/07\/20\/citations-14\/\">Continue Reading<span class=\"screen-reader-text\">Citations<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[4,2,3],"tags":[],"class_list":["post-149","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lumieres","category-odeurs","category-sons","entry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=149"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":152,"href":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/149\/revisions\/152"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=149"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=149"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/lavilledessens.net\/actualite\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=149"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}